Régulation des médias au Sénégal : Le Synpics s’insurge contre le nouveau projet de loi adopté

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L’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi créant le Conseil national de régulation des médias (Cnrm), ce 3 mars 2026, a provoqué une levée de boucliers du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics). Le syndicat dénonce une mise à l’écart systématique et des dérives liberticides.

​C’est un cri d’alarme que lance le Synpics. Malgré son rôle historique de défenseur des acteurs de l’information, le syndicat affirme n’avoir jamais été associé à l’élaboration du projet de loi n° 4/2026. Cette absence de dialogue avec les professionnels du secteur est jugée inacceptable pour un texte censé régir leur propre métier.

​Le point de friction majeur réside dans l’article 31 du texte adopté. Celui-ci octroie au futur Cnrm des pouvoirs d’investigation jugés disproportionnés : Accès illimité aux documents internes des entreprises de presse, inopposabilité du secret professionnel face au régulateur, possibilité de fermetures administratives et de blocage de contenus en ligne.

« Cette disposition constitue un précédent dangereux. Elle fragilise le pilier de l’exercice du journalisme et expose les rédactions à des risques d’ingérence », prévient le syndicat.

​Au-delà des enjeux de liberté éditoriale, le Synpics s’inquiète des conséquences sociales et économiques que pourraient avoir des suspensions de diffusion sur l’emploi dans le secteur.

​En réponse à ce qu’il qualifie de « manquements graves », le syndicat exige l’ouverture immédiate d’un cadre de dialogue inclusif. L’objectif : réviser les articles controversés pour garantir une régulation qui soit enfin en phase avec les standards démocratiques internationaux.

Barthélémy COLY Uracsenegal

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