Gouvernance publique : l’ADHA plaide pour une société civile impartiale et un contrôle renforcé des fonds publics

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 Dans un communiqué consacré au débat actuel sur la gestion des fonds publics à caractère politique au Sénégal, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) appelle à une vigilance citoyenne fondée sur l’impartialité, la cohérence et le respect des principes démocratiques. L’organisation estime que la transparence et la reddition des comptes doivent s’appliquer à l’ensemble des institutions publiques, sans distinction.

Alors que les questions de gouvernance et de gestion des ressources publiques occupent une place centrale dans le débat national, l’ADHA rappelle que le contrôle citoyen de l’utilisation des deniers publics constitue une mission essentielle des organisations de la société civile. Selon elle, les citoyens ont le droit d’être informés de la manière dont les fonds publics sont répartis et utilisés par les institutions de la République.

Toutefois, l’organisation souligne que cette exigence de transparence ne peut être crédible que si elle est exercée avec constance et sans considération des rapports de force politiques. Elle met ainsi en garde contre toute approche sélective susceptible de fragiliser la confiance du public dans les acteurs de la société civile.

Dans son communiqué, l’ADHA rappelle trois principes qu’elle juge fondamentaux pour toute organisation engagée dans la défense des droits humains et la veille citoyenne.

Le premier est celui de l’égalité de traitement. L’organisation estime que toute interpellation sur la gestion des ressources publiques doit concerner l’ensemble des institutions de l’État, notamment la Présidence de la République, la Primature, l’Assemblée nationale ainsi que les autres institutions publiques, sans distinction liée au contexte politique.

Le deuxième principe porte sur la rigueur dans le registre. L’ADHA considère que les critiques adressées aux pouvoirs publics doivent reposer exclusivement sur des faits vérifiables et être formulées avec objectivité et retenue. Elle estime que le recours à l’ironie, à la dérision ou aux appels personnalisés contre des responsables publics risque de brouiller la frontière entre veille citoyenne et engagement partisan.

Enfin, l’organisation insiste sur la nécessaire distinction des rôles. Selon elle, la légitimité de la société civile repose avant tout sur son indépendance vis-à-vis des acteurs politiques. Préserver cette distance est, à ses yeux, indispensable pour conserver son autorité morale et la confiance des citoyens.

Par ailleurs, l’ADHA accueille favorablement les propositions formulées par plusieurs organisations visant à renforcer le contrôle des fonds spéciaux alloués aux institutions publiques. Elle soutient notamment leur soumission systématique au contrôle de la Cour des comptes, estimant qu’une telle réforme constituerait une avancée importante en matière de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance.

En conclusion, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié invite l’ensemble des organisations de défense des droits humains et de la société civile sénégalaise à faire preuve d’une impartialité constante, de cohérence et de rigueur dans leurs prises de position. Selon elle, c’est à cette condition que la société civile pourra continuer à jouer pleinement son rôle de vigie démocratique, de défense de l’État de droit et de promotion de la bonne gouvernance.

Barthélémy COLY uracsenegal

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