Assises de Pikine : Passer de la planification à l’action, les Assises de Pikine veulent apporter des réponses concrètes aux défis du département
Les Assises de Pikine ambitionnent de dépasser le cadre d’un simple document de planification pour déboucher sur des actions concrètes au bénéfice des populations. Dans cet entretien, le coordonnateur des Assises, M. Lo, revient sur la démarche participative, les principaux défis du département et la stratégie envisagée pour mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre des recommandations.
« Nous ne voulons pas ajouter un document supplémentaire dans le territoire. Notre ambition est de passer d’une logique de planification à une logique d’action », explique le coordonnateur. Selon lui, la démarche repose sur la participation des collectivités territoriales, des services de l’État, des partenaires, des chercheurs, des jeunes, des femmes et de l’ensemble des acteurs concernés par le développement de Pikine. À l’issue des travaux, les recommandations devront être traduites en feuille de route opérationnelle, avec des actions prioritaires, des indicateurs ainsi que des budgets planifiés dans le temps et dans l’espace. Pour M. Lo, la réussite des Assises dépendra donc moins de la production d’un document que de la capacité des acteurs à mettre en œuvre les engagements pris.
Foncier, éducation, santé et environnement au cœur des priorités
Le coordonnateur reconnaît que Pikine reste confronté à plusieurs défis, notamment dans les domaines de l’assainissement, de l’éducation, des infrastructures et de la sécurité. Mais il estime que le département dispose également d’importantes opportunités. Les travaux porteront notamment sur les dynamiques foncières et démographiques, les infrastructures, les services sociaux de base, l’environnement, les risques environnementaux, la résilience climatique et la transformation numérique.Dans le domaine de l’éducation, l’accent devrait être mis sur la vulnérabilité de certains élèves et sur les conditions nécessaires à l’amélioration de la réussite scolaire. Pour la santé, les Assises devront également s’intéresser aux plateaux techniques, aux structures sanitaires et aux conditions de travail des professionnels de santé. Cette démarche reposera sur trois étapes principales : faire le diagnostic du territoire, dialoguer avec les acteurs afin de construire des consensus, puis planifier les actions à mener.
Une stratégie pour financer les recommandations
L’autre grand enjeu reste celui du financement. Pour le coordonnateur, sans ressources financières, les ambitions des Assises risquent de rester au stade des déclarations d’intention. Plusieurs pistes sont ainsi envisagées. La première concerne la mobilisation des collectivités territoriales, de l’État et des programmes nationaux. Il s’agira notamment d’identifier les projets déjà prévus au niveau central et de les mettre en cohérence avec les besoins de Pikine.La deuxième piste consiste à élaborer des projets durables, bancables et finançables, susceptibles d’être présentés aux ONG et aux partenaires au développement. Le secteur privé constitue également une source potentielle de financement, notamment à travers le partenariat public privé et la responsabilité sociétale des entreprises. Une cartographie des entreprises présentes à Pikine devrait permettre d’identifier celles qui pourraient contribuer au financement des projets, mais aussi à l’emploi des jeunes. Enfin, la contribution volontaire des Pikinois et de la diaspora est également envisagée.
À travers cette approche, les Assises de Pikine veulent ainsi poser les bases d’une dynamique collective capable de transformer les recommandations en projets concrets et durables, avec l’ambition d’apporter des réponses adaptées aux réalités du département.
May FAYE URCSENEGAL
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