Conseil consultatif des jeunes du Sénégal : ADHA appelle à évaluer les dispositifs existants

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L’installation du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal (CCJS) suscite une réflexion de fond au sein de l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA). L’organisation salue la mise en place de cette instance, tout en appelant à une évaluation rigoureuse des mécanismes consacrés jusque-là aux politiques publiques en faveur de la jeunesse.

Pour ADHA, la participation des jeunes à la gouvernance publique constitue une nécessité. Mais l’organisation estime que la création ou l’installation de nouvelles instances devrait être précédée d’un bilan des dispositifs existants ou ayant existé.

« Où sont les rapports d’évaluation ? »

Dans son analyse, ADHA rappelle que la jeunesse sénégalaise reste confrontée à plusieurs défis, notamment l’emploi, l’insertion professionnelle, la formation, l’accès au financement, la précarité et la migration irrégulière.

Pour répondre à ces problématiques, plusieurs mécanismes et instances ont été mis en place au fil des années. Parmi eux figure le Conseil national pour l’Insertion et l’Emploi des Jeunes (CNIEJ), créé par le décret n°2021-172 du 27 janvier 2021.

Cette instance avait notamment pour missions de coordonner, suivre et évaluer les politiques d’emploi et d’insertion des jeunes. Le décret prévoyait également l’élaboration annuelle d’un rapport d’évaluation des politiques d’emploi et d’insertion des jeunes.

ADHA pose dès lors plusieurs questions : où sont ces rapports ? Quelles recommandations ont-ils formulées ? Lesquelles ont été mises en œuvre et avec quels résultats ?

Pour l’organisation, ces interrogations relèvent directement des exigences de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance des politiques publiques.

Pour un audit indépendant des politiques de jeunesse

Face à cette situation, ADHA appelle à la réalisation d’un audit indépendant, transparent et documenté des politiques, programmes et instances consacrés à la jeunesse.

L’objectif serait notamment d’évaluer les résultats obtenus, les ressources mobilisées, les éventuels chevauchements entre les différents dispositifs, mais aussi les écarts entre les engagements annoncés et leur mise en œuvre effective.

L’organisation considère qu’un tel exercice permettrait de disposer d’une vision plus claire de l’efficacité des politiques publiques destinées aux jeunes et d’identifier les mesures nécessaires pour améliorer leur impact.

Le CCJS appelé à assurer un véritable suivi

Concernant le Conseil consultatif des jeunes du Sénégal, ADHA estime qu’il doit éviter de devenir une instance supplémentaire dont les recommandations resteraient sans suite.

L’organisation appelle ainsi à faire du CCJS un véritable espace de proposition, de participation citoyenne, de suivi et de redevabilité.

Dans cette perspective, ADHA préconise notamment la publication régulière des avis et recommandations du Conseil, de ses rapports d’activité ainsi que des informations relatives au suivi et à la mise en œuvre de ses propositions.

« La jeunesse a besoin de résultats »

Pour ADHA, la question de la participation des jeunes ne peut pas se limiter à leur consultation.

« Notre jeunesse n’a pas seulement besoin d’être consultée. Elle a besoin d’être entendue, prise en compte et de voir les décisions produire des résultats », souligne l’organisation.

ADHA estime ainsi que le Sénégal dispose déjà de nombreuses idées, instances et politiques consacrées à la jeunesse. L’enjeu, selon elle, est désormais de mesurer les résultats, publier les bilans et rendre compte de l’action publique.

L’organisation conclut en appelant à dépasser la multiplication des dispositifs au profit d’une évaluation régulière de leur efficacité et de leur impact sur les conditions de vie et les perspectives des jeunes Sénégalais.

« Un conseil de plus ne changera rien si les politiques publiques restent les mêmes », avertit ADHA.

Barthélémy COLY uracsenegal

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