Affaire Softcare : les produits ne contiennent « aucun risque sanitaire pour les usagers » (Ibrahima Sy, ministre)

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Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, à Dakar, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, a apporté des « éclairages nécessaires » sur le dossier de l’entreprise Softcare. S’appuyant sur les conclusions du comité ADOC chargé d’étudier scientifiquement le dossier, il a écarté l’hypothèse d’un risque sanitaire pour les usagers.

L’affaire qui secouait l’opinion publique connaît un tournant majeur. Accusée d’utiliser des matières premières périmées pour la fabrication de couches pour bébés et de serviettes hygiéniques, l’entreprise Softcare a fait l’objet d’une enquête approfondie. Le ministre Ibrahima Sy a tenu à clarifier la situation.  «L’approche méthodologique du comité a permis d’apporter des éclairages sur ce dossier technico réglementaire et sanitaire à fort impact socio-économique et émotionnel».

Une non-utilisation prouvée par la technique

Le cœur du litige portait sur une fibre en polypropylène périmé. Selon le ministre, bien que cette matière ait été présente sur le site, elle n’a jamais intégré la chaîne de production en 2025. Pour preuve, un argument technique de taille : la largeur de la fibre. « La différence de taille entre le filon en polyéthylène périmé qui est de 95 mm et celui qui est aujourd’hui utilisé dans la production qui est de 90 mm » rendrait son usage impossible sur les machines actuelles. De plus, l’examen des registres contredit les premières accusations. Le ministre a précisé que la dernière sortie de stock de cette matière remonte à « septembre 2024 », alors que les rapports initiaux évoquaient une utilisation jusqu’en septembre 2025. Cette incohérence confirme, selon les autorités, la « non-commercialisation des produits en question au moins depuis le 30 décembre 2024 ».

Aucun danger sanitaire détecté

Face à l’inquiétude des familles, le ministre s’est voulu catégorique sur la sécurité des produits actuellement sur le marché. « Aujourd’hui, il n’y a aucune preuve scientifique qui démontre l’utilisation effective de matières premières périmées dans les produits actuellement qui sont commercialisés », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il n’y a « aucune alerte sanitaire sérieuse » ni « aucune donnée épidémiologique qui vienne établir un risque sanitaire pour les usagers ». Le ministre a expliqué que la présence de ces matériaux périmés s’expliquait par une procédure administrative interne visant un « éventuel remboursement par le fournisseur ».

Des manquements administratifs reconnus

Si le risque sanitaire est écarté, le ministre ne dédouane pas totalement l’entreprise sur le plan de l’organisation. Il a souligné que « la présence de matière périmée dans la zone de production de l’usine constitue un manquement dans le système de gestion de la qualité ». Cependant, il a insisté sur la nécessité de distinguer la simple présence de produits périmés du risque d’utilisation avérée, une nuance qui, selon lui, « n’a pas été respectée dans la prise de décision initiale ».

Cette sortie médiatique vise à clore un dossier sensible en s’appuyant sur une rigueur que le ministre souhaite « la plus scientifique possible », afin de restaurer la confiance des consommateurs.

Barthélémy COLY Uracsenegal

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