Santé : le Sames durcit le ton et annonce une grève de 48 heures les 8 et 9 septembre

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Le secteur de la santé s’achemine vers un nouveau bras de fer entre les médecins et les autorités. Après l’expiration, le 9 août dernier, du préavis de grève déposé par le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames), le syndicat estime que le temps du dialogue est désormais arrivé à son terme.

« Le temps est écoulé », a déclaré le secrétaire général national du Sames, Dr Diabel Dramé, selon des propos rapportés par L’Observateur. Le syndicaliste déplore l’absence de réponse concrète des autorités malgré les nombreuses relances du syndicat.

« Nous avons attendu, nous avons espéré et nous avons également relancé. Malheureusement, aucune réponse plausible ne nous a été servie », regrette-t-il.

Le Sames prépare la mobilisation

Face à ce qu’il considère comme une absence d’avancée, le Sames annonce la reprise de la lutte syndicale. Une décision que Dr Diabel Dramé présente comme une démarche de dernier recours, après l’épuisement des différentes voies de dialogue.

« Le Sames est un syndicat responsable qui a tout mis en œuvre pour éviter la confrontation et qui aujourd’hui est contraint d’agir », soutient-il.

La mobilisation doit progressivement monter en puissance. Une réunion extraordinaire stratégique du Comité exécutif national est prévue, tandis que des assemblées générales de sensibilisation seront organisées dans les différentes zones et sections du syndicat à partir du 2 septembre. Des points de presse locaux sont également annoncés.

Cette phase préparatoire doit conduire à un mouvement de grève de 48 heures, prévu les 8 et 9 septembre.

Le syndicat précise toutefois que les urgences et le service minimum seront maintenus durant la mobilisation. Les membres du Sames sont également invités à porter des brassards rouges.

« Nous n’avons pas envie de perturber le fonctionnement des structures. Nous savons mieux que quiconque ce que représente une interruption du service médical », explique Dr Dramé.

Une plateforme revendicative au cœur du conflit

Le mouvement annoncé repose sur une plateforme de revendications issue de consultations menées auprès des différentes zones du pays. Pour Dr Ibrahima Sow, chargé de la presse et de l’information du Bureau exécutif du Sames, la décision de reprendre la lutte bénéficie d’un mandat clair de la base.

Parmi les principales revendications figurent le statut particulier du corps médical, le recrutement des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, ainsi que la révision du régime indemnitaire.

Le Sames demande également des avancées sur les carrières, les pensions de retraite et les conditions de formation. Le syndicat réclame, en outre, une meilleure gestion des ressources humaines et le recrutement des professionnels à l’issue de leur formation.

Autre point soulevé : l’intégration des contractuels exerçant dans les zones difficiles, où les besoins en personnel médical restent particulièrement importants.

Des négociations, mais avec des engagements précis

Malgré l’annonce de la grève, le Sames assure ne pas avoir fermé la porte aux discussions. Dr Diabel Dramé se dit favorable à la reprise des négociations, à condition que celles-ci associent des interlocuteurs disposant d’un réel pouvoir de décision.

Le syndicat réclame également un calendrier précis ainsi que des engagements « chiffrés et vérifiables ».

Pour l’heure, le compte à rebours est donc lancé. Sauf évolution dans les prochains jours, le mouvement des 8 et 9 septembre constituera le premier test grandeur nature de cette nouvelle confrontation entre le Sames et les autorités.

Barthélémy COLY uracsenegal

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