Hivernage 2026 : des pluies contrastées, des fleuves en hausse et une situation agricole globalement satisfaisante
Le Bulletin agrométéorologique décadaire couvrant la période du 21 au 31 août 2026 fait état d’une situation contrastée à l’échelle du Sénégal.
Les pluies ont été légèrement moins importantes que durant la décade précédente, mais elles ont permis de renforcer l’humidité des sols, de remplir les mares et de soutenir le développement des cultures et des pâturages. Dans le même temps, les niveaux des principaux cours d’eau poursuivent leur hausse.
Des pluies moins abondantes, mais bien réparties dans plusieurs zones
La troisième décade du mois d’août a été légèrement moins pluvieuse que la précédente. Dans le Nord, Louga a enregistré les cumuls les plus importants, avec notamment 180 mm à Linguère et 33,4 mm à Daroul Mouhty.
À Saint-Louis, une première pluie utile de 34,9 mm a été enregistrée le 25 août. La région de Matam a, pour sa part, connu une amélioration de son régime pluviométrique, avec des cumuls allant de 33,9 mm à Matam à 104 mm à Semmé. Ces précipitations ont notamment permis de remplir les mares et les marigots utilisés pour l’abreuvement du bétail.
Dans l’Ouest, les régions de Dakar et Thiès ont bénéficié des épisodes pluvieux des 23 et 28 août, avec des cumuls proches de 50 mm dans plusieurs localités.
Au Centre, les activités pluvio-orageuses se sont poursuivies, avec des cumuls particulièrement importants à Foundiougne (142,3 mm), Guinguinéo (137,7 mm) et Nioro du Rip (108,4 mm). Koungheul a été nettement moins arrosé, avec seulement 20,5 mm.
Ces pluies ont favorisé la réalisation des dernières vagues de semis et contribué à maintenir une bonne humidité des sols.
À l’Est, la région de Kédougou a connu un retour marqué des activités pluvio-orageuses entre le 22 et le 29 août. Les cumuls ont atteint 118,6 mm à Kédougou et 235,7 mm à Salémata. La région de Tambacounda a, en revanche, été moins arrosée, avec des cumuls généralement inférieurs à 50 mm.
En Casamance, une légère baisse du régime pluviométrique a été observée. Ziguinchor et Cap Skirring ont toutefois enregistré respectivement 157,2 mm et 115,1 mm.
Les cumuls saisonniers au 31 août sont compris entre 22 mm à Dagana et 1 020,8 mm à Tendouck.
Des déficits pluviométriques persistent dans plusieurs localités
La comparaison avec les normales pluviométriques fait apparaître quelques poches légèrement excédentaires, notamment dans le Centre-Nord et le Sud-Est.
Cependant, plusieurs localités restent déficitaires, parmi lesquelles Bambey, Dakar, Kédougou, Koungheul, Matam, Podor, Saint-Louis, Kaffrine, Koumpentoum, Malem Hodar, Méouane, Sémmé, Thilogne et Tivaouane, ainsi que plusieurs localités du Sud.
Au 31 août, Saint-Louis affichait ainsi 63,7 mm, contre 170,4 mm en 2025 et une normale de 143,6 mm. À Matam, le cumul atteignait 152 mm, contre 440 mm en 2025 et une normale de 280,6 mm.
À l’inverse, certaines stations présentent des cumuls supérieurs à leur normale, notamment Ranérou avec 360,9 mm contre une normale de 290,4 mm, Louga avec 278,2 mm contre 196,7 mm et Goudiry avec 501,7 mm contre 427,4 mm.
Des perspectives pluvieuses pour la première décade de septembre
Les prévisions annoncent une poursuite des activités pluvio-orageuses.
Du 2 au 3 septembre, des pluies d’intensité variable doivent concerner une grande partie du territoire, notamment le Sud, le Sud-Est et le Centre. Kédougou, Bakel, Tambacounda, la Casamance, Kaffrine, Kaolack, Fatick, Diourbel, Linguère et Louga figurent parmi les zones concernées. Des extensions vers Saint-Louis et Dakar restent également possibles.
Une relative accalmie est attendue du 4 au 6 septembre, même si de faibles pluies pourraient encore intéresser les localités du Sud.
Du 7 au 10 septembre, de nouvelles manifestations pluvieuses sont prévues, principalement dans les régions Sud et Centre. L’activité devrait progressivement se déplacer des localités méridionales vers le Centre du pays.
Les niveaux des fleuves poursuivent leur hausse
La situation hydrologique est marquée par une tendance générale à la hausse dans les bassins des fleuves Sénégal, Gambie et Casamance.
À Bakel, sur le fleuve Sénégal, le niveau est passé de 558 cm le 20 août à 612 cm le 31 août, soit une hausse de 54 cm. La cote d’alerte est fixée à 1 000 cm.
À Matam, le niveau est passé de 470 à 504 cm, soit une hausse de 35 cm, pour une cote d’alerte de 800 cm.
À Podor, la progression est plus modérée : le niveau est passé de 340 à 347 cm, soit une hausse de 7 cm. La cote d’alerte y est fixée à 500 cm.
Sur la Falémé, à Kidira, le niveau a fortement progressé, passant de 261 à 450 cm, soit une hausse de 189 cm.
Sur le fleuve Gambie, à Gouloumbou, le niveau est passé de 440 à 614 cm, soit une hausse de 175 cm.
Enfin, à Kolda, sur le bassin de la Casamance, le niveau est passé de 70 à 85 cm, soit une hausse de 15 cm.
Agriculture : une campagne globalement satisfaisante
Sur le plan agricole, la troisième décade d’août a été marquée par la poursuite des semis, la mise en place des intrants et l’entretien des cultures.
La majorité des producteurs ont achevé les semis à sec du mil. Des semis en humide d’arachide et de mil ont également été réalisés. Dans certaines zones, le retard dans l’installation de l’hivernage et les pauses pluviométriques ont toutefois entraîné des ressemis.
La disponibilité des semences est globalement satisfaisante. Pour l’arachide, le taux de mise en place atteint 99 %, contre 99,2 % pour les cessions. Le niébé affiche 94 % de mise en place et 90 % de cession, tandis que le maïs atteint respectivement 93 % et 85 %.
Pour le sorgho, les taux sont de 73 % pour la mise en place et 88 % pour les cessions. Le sésame affiche 74 % de mise en place et 84 % de cession.
Du côté des engrais, les taux de mise en place sont également globalement satisfaisants : 97 % pour le 6-20-10, 93 % pour le 15-10-10, 95 % pour le 15-15-15 et 65 % pour l’urée.
Des cultures à des stades différents selon les zones
Au Sud et au Sud-Est, les cultures présentent globalement un bon comportement. Le mil se trouve entre les stades de montaison et floraison, l’arachide entre floraison, gynophorisation et formation des gousses, tandis que le maïs évolue également vers la floraison.
Au Centre, le développement est plus hétérogène. Les arachides issues des semis précoces ont notamment souffert des phases sèches intervenues après les premières pluies. Des attaques de chenilles légionnaires sont également signalées sur le maïs.
Dans le Nord, les cultures présentent dans l’ensemble un bon comportement végétatif. Le mil Souna, notamment celui issu de la première vague de semis, évolue favorablement.
Une situation phytosanitaire sous surveillance
La surveillance phytosanitaire a fait apparaître plusieurs foyers de ravageurs.
Les sauteriaux ont été observés sur le niébé et l’arachide dans les départements de Thiès et Tivaouane. Sur 925 hectares prospectés, 815 hectares ont été infestés et traités, soit un taux de traitement de 100 %.
La chenille légionnaire d’automne (Spodoptera frugiperda) a été signalée sur le maïs dans plusieurs départements du pays. Sur 1 234 hectares prospectés, 533 hectares étaient infestés et 298 hectares traités, soit un taux de traitement de 55,5 %.
La chenille poilue du niébé (Amsacta moloneyi) a également été détectée sur l’arachide, le niébé, le sorgho et la pastèque. Sur 1 800 hectares prospectés, 1 571 hectares étaient infestés et 1 500 hectares traités, soit un taux de traitement de 95,4 %.
D’autres ravageurs, notamment des coléoptères, des cantharides et des iules, ont également été signalés dans plusieurs zones.
Les pâturages s’améliorent, mais restent insuffisants au Centre
La situation pastorale connaît une amélioration avec l’installation progressive du tapis herbacé. Les pluies ont favorisé la disponibilité du pâturage et le remplissage des mares.
La situation reste toutefois moins favorable dans certaines zones du Centre, notamment à Fatick et Diourbel, où le tapis herbacé, bien qu’en progression, demeure insuffisant pour couvrir pleinement les besoins du cheptel.
Au Sud, notamment à Kédougou, Tambacounda et en Casamance, les pâturages sont jugés bien fournis.
L’amélioration de la disponibilité des ressources fourragères contribue également à une amélioration de l’état d’embonpoint des animaux dans une grande partie du Nord et du Centre. Le cheptel de Kaffrine demeure cependant dans une situation plus fragile.
Une vigilance toujours nécessaire
Le bilan de la troisième décade d’août fait ressortir une situation globalement encourageante pour la campagne agricole, malgré des disparités pluviométriques importantes selon les régions.
La hausse des niveaux des cours d’eau, l’évolution des cultures, la disponibilité des pâturages et la présence de ravageurs nécessitent néanmoins une surveillance continue.
Pour la première décade de septembre, la poursuite des pluies sur le Sud et le Centre pourrait contribuer à améliorer davantage les conditions hydriques et pastorales, tout en appelant à une vigilance accrue dans les zones proches des cours d’eau et dans les secteurs exposés aux fortes précipitations.
May FAYE uracsenegal
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