Hier, 26 septembre, nous commémorions une tragédie qui a marqué toute l’humanité : plus de 1 000 morts à la suite de négligences. Malheureusement, il n’y a pas eu de coupable.
Au lieu de tirer les leçons de nos négligences collectives et de réfléchir aux moyens de prévenir d’autres tragédies, nous continuons, dans cette même région du Sud, à observer la dégradation de plus en plus avancée du pont Émile Badiane de Ziguinchor.
Oui, la situation du pont Émile Badiane est préoccupante.
Les photos disponibles montrent un ouvrage dont la dégradation ne semble plus être uniquement d’ordre esthétique.
1. Un béton fortement dégradé
Le béton apparaît fortement éclaté et fissuré, avec, par endroits, des zones désolidarisées et des armatures apparentes fortement oxydées. Ces dégradations semblent particulièrement visibles au niveau des parties situées au-dessus et à proximité de l’eau.
Cette situation peut progressivement réduire la section résistante des armatures ainsi que leur adhérence avec le béton.

2. Des garde-corps préoccupants
Les garde-corps, fortement dégradés, peuvent constituer un danger pour les piétons. Leur état apparent ne permet plus de garantir pleinement la retenue d’un usager ni sa protection contre une éventuelle chute.
Il est important de préciser que ces images, à elles seules, ne permettent pas de conclure à un risque imminent d’effondrement de l’ouvrage.
En revanche, l’état apparent de certains éléments justifie une inspection technique urgente et approfondie par des spécialistes des ouvrages d’art.
Oui, « khalis amoul », mais la sécurité des populations ne devrait jamais être une question de moyens seulement : elle doit être une priorité.
Au regard de l’importance stratégique du pont Émile Badiane pour la circulation à Ziguinchor, nous demandons solennellement aux services compétents de :
Procéder à une inspection détaillée de l’ensemble de l’ouvrage ;
Vérifier l’état des piles, des poutres, du tablier, des appuis et des fondations ;
Évaluer la profondeur de la corrosion des armatures et les éventuelles pertes de section ;
Contrôler les parties immergées ainsi que les fondations ;
Réaliser, si nécessaire, des essais et investigations complémentaires ;
Établir un diagnostic structurel précisant le niveau de criticité et les éventuelles mesures conservatoires à prendre ;
Informer les usagers des éventuelles restrictions qui pourraient s’avérer nécessaires pendant les investigations.
La sécurité des personnes et des biens doit rester la priorité.
Une alerte technique doit conduire à une vérification technique.
Mieux vaut prévenir que réparer après un incident.
Seckou SAGNA
Ingénieur en génie civil
Directeur des études – Diligence Immo
Comments are closed.