Grève de la faim des ex travailleurs de la Sotrac, Ama Sénégal et Sias : sept manifestants évacués à l’hôpital

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La situation devient de plus en plus préoccupante pour les anciens travailleurs de la Sotrac, d’Ama Sénégal et de la Sias. Sept grévistes de la faim ont été évacués d’urgence vers des structures sanitaires en raison d’un épuisement physique extrême, rapporte la RFM.

Le mouvement de grève de la faim se poursuit depuis plusieurs semaines dans des conditions particulièrement difficiles. La plupart des manifestants, âgés pour beaucoup, présentent un affaiblissement progressif qui a déjà nécessité plusieurs interventions des secours.

11,4 milliards de FCFA réclamés à l’État

Les anciens travailleurs de ces trois entreprises, autrefois importantes dans le paysage économique et social du Sénégal, réclament à l’État le paiement de 11,4 milliards de FCFA correspondant à des arriérés et à différents droits qu’ils disent leur être dus depuis plusieurs années.

La Sotrac, Ama Sénégal et la Sias ont toutes marqué l’histoire des services publics et de l’emploi au Sénégal avant leur dissolution ou leur liquidation entre la fin des années 1990 et le milieu des années 2000.

Pour les anciens employés, cette mobilisation constitue l’un des derniers moyens de faire entendre leurs revendications après des années d’attente.

« La seule arme que nous avons, c’est la grève de la faim »

Face à l’absence de règlement de leur dossier, les grévistes disent être prêts à poursuivre leur combat, malgré les risques pour leur santé.

« La seule arme que nous avons, c’est la grève de la faim, même si elle met en péril nos vies. Nous avons bâti les fondations de cette République dans le transport public, dans le ramassage des ordures et aujourd’hui, à la place des médailles, des sourires, c’est le mépris que l’État du Sénégal manifeste », a déploré Moustapha Ngom, coordinateur du collectif des grévistes.

Un mouvement qui veut s’inscrire dans la durée

Conscients de la gravité de leur état de santé, les manifestants affirment néanmoins vouloir poursuivre leur mobilisation.

« Nous avons fait cette manifestation, mais à chaque fois que quelqu’un est mal en point, nous le remplaçons. Le dossier concerne 5 228 personnes, avec plus de 30 volontaires inscrits. Nous pouvons patienter », a expliqué Moustapha Ngom.

Le coordinateur du collectif a également appelé le président Bassirou Diomaye Faye à intervenir afin de trouver une issue à ce dossier qu’il qualifie de « gangrène ».

Les autorités toujours silencieuses

Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités n’a été enregistrée concernant cette grève de la faim.

Alors que l’état de santé de plusieurs manifestants continue de se dégrader, la pression monte désormais sur les pouvoirs publics pour trouver une solution à cette revendication vieille de plusieurs années.

Barthélémy COLY uracsenegal

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