Grève de la faim : après 7 évacuations, les ex travailleurs de SIAS, AMA Sénégal et SOTRAC réclament 11,4 milliards à l’État

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Après plusieurs années d’attente et de promesses, les ex travailleurs de SIAS, AMA Sénégal et SOTRAC disent avoir épuisé tous les recours. Engagés dans une grève de la faim, ils réclament le règlement définitif de leur passif social, qu’ils évaluent à 11,4 milliards de francs CFA.

À la tête du mouvement, le coordonnateur Amdy Moustapha Ngom dénonce une situation devenue insoutenable et appelle les autorités à prendre des mesures concrètes. « Nous sommes en grève de la faim pour réclamer le passif social que nous doit l’État du Sénégal. Aujourd’hui, ce passif s’élève à 11,4 milliards de francs CFA », affirme-t-il.

11,4 milliards réclamés à l’État

Selon Amdy Moustapha Ngom, l’État avait inscrit, dans le budget 2023, une enveloppe de 13 milliards de francs CFA destinée au règlement des droits des travailleurs des trois sociétés dissoutes. Cependant, sur cette somme, seuls 1,6 milliard de francs CFA auraient été effectivement débloqués.« L’État avait voté 13 milliards, mais n’a déboursé que 1,6 milliard. Il reste donc 11,4 milliards que l’État nous doit. C’est cette somme que nous réclamons », explique le coordonnateur.

Pour les anciens travailleurs, cette situation alimente un profond sentiment d’injustice, d’autant plus que plusieurs années se sont écoulées depuis la dissolution des sociétés concernées.

Des promesses qui n’ont pas abouti

Les grévistes affirment avoir placé beaucoup d’espoir dans l’arrivée du nouveau régime. Ils évoquent notamment les déclarations du président Bassirou Diomaye Faye, qui, le 1er mai 2024, avait assuré connaître le dossier du passif social et promis de contribuer à son règlement.

Ces déclarations avaient ravivé l’espoir des anciens travailleurs.

« Ces propos avaient fait renaître l’espoir chez nous. Nous pensions que notre problème allait enfin être réglé. Mais nous avons attendu, encore et encore, sans voir de solution concrète », déplore Amdy Moustapha Ngom.

L’inscription du passif social dans le Pacte national de stabilité sociale, signé le 1er mai 2025, avait également suscité des attentes. Mais, selon les grévistes, aucune avancée significative n’a suivi.

« Nous avons attendu le plan d’action du pacte, nous avons attendu le mécanisme de suivi, mais nada. Nous n’avons absolument rien vu », dénonce le coordonnateur.

« La seule arme qui nous reste, c’est la grève de la faim »

Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse, les anciens travailleurs ont décidé de durcir leur mouvement. Ils estiment ne plus disposer des moyens de pression dont ils bénéficiaient lorsqu’ils étaient encore en activité.

« Nous n’avons plus de bus à immobiliser, plus de camions à arrêter. Tout ce que nous avons en notre possession, c’est cette grève de la faim », lance Amdy Moustapha Ngom.

Selon lui, les anciens employés ont pourtant contribué pendant des années au fonctionnement de leurs entreprises et, plus largement, à l’économie nationale. « Nous sommes des travailleurs qui avons contribué à la construction de cette nation et, aujourd’hui, nous sommes abandonnés », dénonce-t-il.

Sept évacuations médicales

La situation sanitaire des grévistes constitue désormais une source majeure d’inquiétude. Amdy Moustapha Ngom affirme que plusieurs participants ont déjà dû être évacués pour des raisons médicales.

« Nous en sommes à notre septième évacuation. Regardez ces personnes âgées autour de nous. Regardez leurs pathologies », témoigne-t-il.

Il décrit également les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les grévistes et leurs familles, notamment pour se nourrir, se soigner et prendre en charge les dépenses courantes.« Une simple ordonnance pour mon enfant peut aujourd’hui être impossible à payer parce que nous n’avons absolument rien. Pourtant, c’est l’État qui nous doit notre argent », déclare-t-il.

Le dialogue social toujours attendu

Les ex travailleurs affirment avoir privilégié le dialogue avec les autorités, notamment avec les services en charge du Travail. Ils disent toutefois avoir été déçus par l’absence de résultats concrets à la suite de certaines discussions.

« On nous a déjà demandé de surseoir à la grève de la faim en attendant des discussions. Nous avons fait confiance. Mais les engagements n’ont pas été suivis d’actes », affirme le coordonnateur.

Désormais, les grévistes réclament des décisions concrètes et non plus de nouvelles promesses.

« Aujourd’hui, nous ne voulons plus de simples promesses. Nous voulons des actes concrets », insiste Amdy Moustapha Ngom.

Les anciens travailleurs annoncent également leur volonté de soutenir les prochaines initiatives du Front syndical pour la défense du travail, notamment les mouvements de grève, les sit-in et les marches.

Des religieux sollicités pour une médiation

Avant de recourir à la grève de la faim, les ex-travailleurs affirment avoir multiplié les démarches auprès de différentes autorités, y compris religieuses.

Des délégations se sont notamment rendues à Tivaouane, Touba, Ndiassane et Yoff pour solliciter leur médiation auprès de l’État.

« Nous avons remis aux autorités religieuses des documents retraçant toute l’histoire de notre passif social, y compris le vote du budget de 2023. Nous avons tout essayé avant d’en arriver à la grève de la faim », explique Amdy Moustapha Ngom.

Aujourd’hui, les anciens travailleurs maintiennent la pression et disent être déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu’à l’obtention d’une solution définitive.

« Nous ne demandons que nos droits. Nous demandons que l’État respecte ses engagements et règle définitivement notre passif social. Nous n’avons plus rien à perdre », conclut Amdy Moustapha Ngom.

May FAYE uracsenégal

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