JEUNESSE ET ENFANCE : ADHA MET LE GOUVERNEMENT FACE À L’URGENCE DES RÉSULTATS

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À quelques heures de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) hausse le ton et réclame un Pacte national pour la jeunesse et l’enfance, fondé sur des engagements chiffrés et des résultats vérifiables.

À la veille de la Déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) adresse un message sans détour au Gouvernement : la jeunesse et l’enfance doivent sortir du registre des promesses pour devenir des priorités mesurables de l’action publique.

Dans son communiqué n° CP0022-0926, l’organisation de défense des droits humains alerte sur la persistance de plusieurs phénomènes qui touchent directement les jeunes et les enfants : migration irrégulière, chômage, difficultés d’insertion, mendicité, insécurité et vulnérabilités sociales.

Pour ADHA, ces réalités ont un dénominateur commun : l’absence de perspectives suffisamment crédibles et durables pour une partie de la population.

« On ne peut pas demander aux jeunes de ne pas partir sans leur donner des raisons de rester », martèle l’organisation, qui intervient depuis plusieurs années sur ces questions à travers le plaidoyer, l’assistance juridique et humanitaire, les études et les campagnes de sensibilisation.

Migration irrégulière : « Il faut s’attaquer aux causes »

ADHA estime que la lutte contre l’émigration irrégulière ne peut plus être réduite au contrôle des frontières ou aux campagnes de dissuasion.

L’organisation appelle à traiter les causes profondes du phénomène : formation, emploi, insertion professionnelle, entrepreneuriat, financement et inégalités territoriales.

Elle plaide également pour une mobilité légale et sûre, parallèlement à une lutte renforcée contre les réseaux de passeurs et l’exploitation des migrants.

Pour ADHA, le même changement d’approche est nécessaire concernant les enfants en situation de rue et la mendicité. Il ne s’agit pas uniquement d’une question d’ordre public, mais d’un problème de protection de l’enfance nécessitant des réponses en matière d’éducation, de prise en charge sociale et de réinsertion.

Sept priorités sur la table

Pour sortir de cette situation, ADHA soumet au Gouvernement sept grandes priorités.

  • Faire de la formation une passerelle réelle vers les compétences et l’emploi ;
  • Fixer des objectifs chiffrés et des échéances en matière d’emploi et d’insertion ;
  • Faire de l’entrepreneuriat un véritable outil d’autonomisation, avec des financements transparents et évaluables ;
  • Mettre en place une politique migratoire globale, combinant prévention, protection, lutte contre les réseaux et mobilité légale ;
  • Faire de la protection de l’enfance une urgence républicaine ;
  • Renforcer une politique de sécurité fondée sur la prévention, la protection et la cohésion sociale ;
  • Faire des droits et de la participation des jeunes un principe transversal de l’action publique.

« Moins de structures, plus de résultats »

ADHA s’attaque également à l’efficacité des dispositifs institutionnels dédiés à la jeunesse, à l’emploi et à la migration.

L’organisation réclame une évaluation approfondie de leur fonctionnement et de leurs résultats. Elle cite notamment les fonds fiduciaires, le Conseil national pour l’insertion et l’emploi des jeunes (CNIEJ), les BAOS, la Stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière (SNLMI) et la Convention nationale État-Employeurs privés (CNEE) de la Direction de l’Emploi.

Fusion, réorganisation ou suppression : ADHA veut connaître les décisions envisagées, le calendrier retenu et surtout les résultats obtenus par ces structures.

« Quels rapports annuels ont été publiés ? Quels audits ont été réalisés ? Quels résultats ont-ils produits ? », s’interroge l’organisation.

Son mot d’ordre est clair : moins de structures, plus de résultats.

Un tableau de bord pour rendre des comptes

Pour éviter que les engagements publics ne restent sans suite, ADHA propose la création d’un Tableau de bord national de la jeunesse et de l’enfance.

Cet outil, qui serait public et régulièrement actualisé, permettrait de suivre les performances du Gouvernement en matière d’emploi, de formation, d’insertion, d’entrepreneuriat, de migration, de protection de l’enfance et de sécurité.

Pour ADHA, aucun engagement ne devrait être dépourvu de quatre éléments essentiels : un financement identifié, un calendrier, des indicateurs et un responsable.

Dakar 2026 : « un héritage, pas seulement un événement »

L’organisation veut également que Dakar 2026 laisse une empreinte durable auprès de la jeunesse sénégalaise.

Elle appelle à faire de cet événement un levier pour développer les infrastructures, les compétences, l’emploi, le volontariat et les équipements, afin que les bénéfices puissent se prolonger au-delà de l’événement.

Le message d’ADHA au Premier ministre

À travers son communiqué, ADHA formule finalement une demande centrale au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô : inscrire un Pacte national pour la jeunesse et l’enfance au cœur de sa Déclaration de politique générale.

Un pacte qui devra, selon l’organisation, être accompagné d’objectifs chiffrés, de financements clairement identifiés, d’échéances publiques et d’une évaluation annuelle.

« Monsieur le Premier ministre, la jeunesse sénégalaise ne demande plus qu’on lui dise de ne pas partir. Elle demande que la République lui donne des raisons de rester, des moyens de réussir et la liberté de choisir », lance ADHA.

L’organisation prévient ainsi qu’elle ne réclame pas davantage de promesses, mais des politiques publiques évaluables et des résultats vérifiables.

Pour ADHA, le véritable enjeu est désormais de passer des discours aux actes : « L’avenir du Sénégal ne se proclame pas : il se prépare, se finance, se protège et se mesure. »

Barthélémy COLY uracssenegal

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