Saly : un réseau de trafic de documents d’état civil sénégalais démantelé

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La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a démantelé un réseau présumé spécialisé dans la fourniture de documents d’état civil sénégalais à des ressortissants étrangers. L’affaire, révélée par le quotidien Libération dans son édition de ce lundi, a conduit à l’interpellation d’un suspect à Saly Vélingara, sur la Petite Côte.

Tout est parti d’un renseignement reçu le 20 octobre par l’antenne de la DNLT de Saly. Un individu identifié sous les initiales Abdou K. D. aurait été aperçu en train de photocopier plusieurs certificats d’accouchement dans un multiservice de la localité. Soupçonné d’être impliqué dans un réseau de trafic de documents d’identité sénégalais, il a été placé sous surveillance.

Pour confirmer les soupçons, un agent de la DNLT s’est fait passer pour un demandeur d’extrait de naissance auprès de l’épouse du suspect. Après avoir obtenu le numéro de téléphone de ce dernier et fixé un rendez-vous, les enquêteurs ont procédé à son arrestation.

Une importante quantité de documents saisie

La perquisition effectuée au domicile du suspect a permis de découvrir un lot important de documents administratifs. Les enquêteurs ont notamment saisi des extraits de naissance provenant de 19 centres d’état civil différents, des certificats de nationalité, des extraits de jugement, ainsi que des jugements issus d’audiences foraines établis au profit d’étrangers.

Huit copies de certificats d’accouchement, des copies vierges d’extraits de naissance et trois extraits appartenant au mis en cause ont également été retrouvés. Parmi ces derniers figurent deux documents sénégalais et un document guinéen, que les enquêteurs soupçonnent d’être faux. L’un des extraits sénégalais, obtenu en 2005, serait également fictif.

Des explications contestées par les enquêteurs

Interrogé par les enquêteurs, Abdou K. D. a soutenu que les documents retrouvés chez lui lui avaient été remis par des personnes sollicitant des certificats de nationalité. Il a expliqué en conserver des copies pour constituer les dossiers de dépôt.

Concernant un certificat d’accouchement découvert lors de la perquisition, il a déclaré qu’un client le lui avait confié afin d’obtenir un extrait de naissance pour son enfant. Or, le document présentait une anomalie : tous les émargements avaient été effacés, à l’exception du cachet et du nom de la sage-femme du centre de santé de Saly Tapée.

Convoquée à son tour, cette dernière a affirmé ne pas connaître le document litigieux et ignorer son existence.

Huit documents déclarés authentiques

Les demandes d’authentification adressées aux différents centres d’état civil concernés ont révélé que huit des documents examinés étaient authentiques. Un élément qui laisse entrevoir un mode opératoire potentiellement plus complexe que la simple falsification de pièces administratives.

Selon les premières pistes explorées par les enquêteurs, le réseau présumé aurait pu exploiter les audiences foraines pour permettre à des ressortissants étrangers d’obtenir des extraits de naissance sénégalais sans nécessairement recourir à une falsification matérielle des documents.

Le suspect a été déféré au parquet de Mbour le 22 octobre pour des faits présumés de faux et usage de faux et d’obtention indue de documents sénégalais. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue du réseau et d’identifier d’éventuels complices.

Barthélémy COLY uracsenegal

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